Grossesse et ostéopathie
Quand on est enceinte, la colonne vertébrale est fortement sollicitée en raison du poids de bébé. Avec la bascule du ventre en avant, les tensions apparaissent et les futures mamans ne savent pas comment les soulager, notamment du sixième au neuvième mois de grossesse. Pourtant, une solution existe : il s’agit de l’ostéopathie. Cette médecine complémentaire agit par des manipulations douces visant à rééquilibrer le bassin, les vertèbres, le crâne et les articulations de la femme enceinte. Le médecin ostéopathe et vice-président du syndicat de médecine manuelle-ostéopathie de France, Dr. Christian Caldagues, nous apporte son point de vue d’expert pour faire rimer ostéopathie et détente durant sa grossesse.
Grossesse et ostéopathie : qui consulter ?
En matière d’ostéopathie, plusieurs professionnels officient :
- les spécialistes de l’ostéopathie structurelle s’occupent principalement des mobilisations ostéo-articulaires, comme les muscles et les tendons.
- les ostéopathes travaillant essentiellement sur la zone crânienne e
- les praticiens orientés vers les viscères donc plus tournés vers le ventre de la femme enceinte.
Les femmes enceintes peuvent consulter, sans distinction un de ces trois spécialistes. En revanche, selon Christian Caldagues, avant de consulter un professionnel de l’ostéopathie, il est nécessaire de passer par un médecin généraliste qui identifie les éventuelles pathologies nécessitant une prise en charge plus médicale. Il précise : “9 fois sur 10, dans les maternités, ce ne sont pas des ostéopathes médecins qui voient les femmes en consultation. Ils ne pratiquent donc pas les touchers pelviens, au contraire d’un ostéopathe médecin. Il est ainsi préférable que la femme enceinte soit prise en charge par un ostéopathe qui touche également à la santé“.
Grossesse et ostéopathie : quand consulter ?
“Dès qu’un bilan des diverses pathologies a été réalisé par le médecin généraliste et que la femme subit des restrictions de mobilités associées à des maux récurrents liés à sa grossesse, elle peut consulter un spécialiste de l’ostéopathie” affirme le docteur Christian Caldagues. Ainsi, de nombreuses femmes se dirigent vers cette pratique en fin de grossesse, notamment quand les douleurs lombaires deviennent plus importantes. Si le dernier trimestre est souvent propice à ces consultations, les femmes enceintes qui souffrent de manière permanente du dos, peuvent se rendre chez un spécialiste en début de grossesse pour prévenir ces affects. Le confort et le soulagement sont donc les principales motivations pour consulter un spécialiste de l’ostéopathie.
Grossesse et ostéopathie : pour quels maux consulter ?
Lombalgies, douleurs ligamentaires, maux de tête, sciatiques, dorsalgies, cervicalgies, problèmes de circulation, reflux gastriques, insomnies… L’ostéopathe agit sur la globalité du corps de la femme enceinte. En manipulant doucement les zones concernées, le professionnel se charge de “réharmoniser le nid” et d’améliorer la mobilité des structures. Le bassin soulagé permettra un accouchement doux. Attention, cela ne remplace absolument pas les cours de préparation à l’accouchement !
Grossesse et ostéopathie : comment se déroule une séance ?
Après un examen clinique médical et ostéopathique de la femme enceinte, l’ostéopathe procède à des étirements et des massages sur les zones du corps qui sont douloureuses. Quoi qu’il en soit, si l’ostéopathe diagnostic un blocage, il procèdera à des mobilisations douces.
Grossesse et ostéopathie : à quels résultats peut-on s’attendre ?
Pour le docteur Caldagues, “1 à 2 séances suffisent notamment en cours de troisième trimestre de la grossesse pour apaiser les douleurs“. De plus, le soulagement ne se fait pas attendre, puisque les bienfaits apparaissent immédiatement après la séance. Une bonne nouvelle pour les futures mamans en mal de confort…
Grossesse et ostéopathie : y a-t-il des contres-indications pour maman et pour bébé ?
Les techniques ostéopathiques non forcées peuvent être pratiquées à tous les stades de la grossesse. L’unique difficulté de cette pratique réside dans le fait de ne pouvoir coucher la femme enceinte sur le ventre pendant les manipulations. D’autre part, le spécialiste tient à préciser qu’il n’y a pas de conséquence pour la santé du bébé, car son travail est principalement tourné vers la rééquilibrage des zones concernées.
L’ostéopathie et l’anxiété
Auteur: Benoit Champagne, D.O.
L’anxiété donne aussi souvent des ulcères, c’est bien connu… En revanche, saviez-vous que les troubles gastro-intestinaux génèrent et entretiennent l’anxiété (les ulcères, les reflux, les crampes abdominales, les diarrhées, le syndrome du colon irritable, la maladie de crohn, etc.) Par conséquent, l’anxiété et le système gastro-intestinal se lient selon les constats cliniques et scientifiques (Roy-Byrne, 2008).
Suite à ces constats, une récente étude ostéopathique réalisée par Champagne D.O. (2011) mesure l’impact d’un soin ostéopathique incluant l’axe cerveau-intestin. Le titre de cette étude était «L’effet du traitement ostéopathique global en regard de l’axe cerveau-intestin sur les gens atteints de Trouble d’anxiété généralisée». 64 participants présentaient une anxiété élevée avec un trouble gastro-intestinal et répondaient aux critères du Trouble d’anxiété généralisée (TAG). Les participants étaient âgés de 25 à 65 ans.
Trois traitements ostéopathiques se sont effectués sur douze semaines. La différence entre le groupe témoin et le groupe expérimental a permis d’affirmer que le traitement ostéopathique global incluant l’axe cerveau-intestin améliore (p≺0,05) l’état du Trouble d’anxiété généralisée chez l’adulte qui en est atteint. Précisons que les analyses ont révélé que l’ostéopathie diminue efficacement l’anxiété chez 90 % des participant(e)s traité(e)s.
Une diminution de l’anxiété affecte positivement les aspects physique, mental et psychosocial. En effet, une personne moins anxieuse peut plus facilement socialiser et se sentir en sécurité pour le faire. L’aspect émotif se retrouve aussi soulagé. Nous savons que l’anxiété non traitée peut engendrer une dépression; 50 % des gens souffrant de dépression ont souffert au préalable d’anxiété élevée.
Permettez-vous un mieux-être, permettez-vous un équilibre meilleur par l’ostéopathie.
L’ostéopathie viscérale
La sphère viscérale (ensemble des organes de l’abdomen, du bassin et du thorax) fait partie intégrante de l’unité fonctionnelle du corps. En restaurant la mobilité des organes, l’ostéopathie peut réduire des symptômes douloureux apparus dans d’autres domaines.
La perte de mobilité d’un organe peut perturber :
- La fonction d’élimination s’il s’agit d’un émonctoire (foie, rein, poumon).
- La fonction de transit et d’absorption des aliments s’il s’agit du tube digestif (estomac, duodénum, intestin grêle, colon).
- La fonction de procréation ou la perturbation du cycle menstruel s’il s’agit d’organes gynécologiques (utérus, ovaires, vessie, prostate…)
Nous n’avons pas une colonne vertébrale et une région viscérale indépendante l’une de l’autre. Une relation intime existe entre ces deux systèmes formant « une colonne postérieure » (vertébrale) et « une colonne antérieure » (viscérale).
Ainsi beaucoup de souffrances de la colonne vertébrale sont consécutives à des tensions et des dysfonctions viscérales.
La colonne essaye de compenser tant bien que mal, jusqu’au jour où …
La restauration de la mobilité viscérale suffit souvent à soulager les douleurs vertébrales. Elle n’est certes pas suffisante, il faut contrôler les autres niveaux susceptibles de recréer à nouveau le terrain favorable à l’apparition du symptôme douloureux.
La sphère digestive a une fonction vitale qui est l’absorption des vitamines et minéraux provenant de notre alimentation, permettant à notre corps de lutter efficacement contre les agressions perpétuelles dont il est victime.
La dysfonction d’un viscère peut perturber l’assimilation de ces substances fragilisant ainsi l’individu.
Les manipulations fonctionnelles sont très douces. Par des tests manuels, l’ostéopathe recherche les tensions anormales des fascias et des ligaments qui “accrochent” les viscères à l’appareil squeletto-musculaire. Par de très fins mouvements indolores et non agressifs, il libère ces tissus de leurs surtensions afin de restaurer leur souplesse, ce qui amène généralement un soulagement. Paradoxalement, il peut arriver que le patient ressente pendant quelques jours des courbatures sans gravité après un traitement.
